JACHÈRES FLEURIES, DANS L’EURE, DÉJÀ UNE LONGUE HISTOIRE.

dimanche 10 mars 2019
par  Sylvain
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  • C’est en 2005 que nous mettons en place les premiers essais de mélange floraux. En tout 5 sites dans le département nous fournissent d’intéressantes informations.
  • Découverte de la phacélie, intérêt pollinifère et nectarifère dès l’année du semis. Et parfois belle floraison l’année suivante à partir des graines tombées au sol ou des plantes ayant survécu à l’hiver.
  • Découverte du mélilot et son impressionnante masse florale très attractive pour les abeilles.

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Visite d’une parcelle de melilot

Vesce, trèfle blanc, sainfoin, font parties des espèces comparées.

  • Ces légumineuses fleurissent peu l’année du semis, il faut attendre le printemps suivant pour les voir se développer et fleurir. L’idéal serait un semis en fin d’été pour une floraison l’année suivante. A noter que les pollens de ces légumineuses sont souvent très intéressants pour leur teneur élevée en protéine.

PARTENARIAT SAE / FD CHASSEURS / CONSEL GÉNÉRAL.

  • Il faut remonter en 2004 pour avoir les premiers contacts entre les présidents du SAE, Syndicat d’apiculture de l’Eure de la FDC27 Fédération des chasseurs de l’Eure et un responsable des questions agricoles au Conseil général.
  • En effet si nos abeilles ont besoin de nectar et pollen, le petit gibier a aussi d’importants besoins en protéines pour le développement des juvéniles.
  • Les jachères fleuries préservées de tout traitement chimique attirent de nombreux insectes pouvant satisfaire ces besoins.
  • La démarche commune des deux présidents plait au Conseil général qui accepte de devenir partenaire financier. Ce partenariat à 3 fonctionne donc depuis 12 ans.
  • Chaque année les besoins en semence du SAE et de la FDC27 sont regroupés en une même commande.

PROPOSITION DE SEMENCES GRATUITES AUX ADHÉRENTS DU SAE ET DU GDSA

  • Au printemps 2006 pour la première fois des semences gratuites sont proposées à nos adhérents.
  • Les voisins agriculteurs sont sollicités pour semer des fleurs sur des parcelles devant être en « jachères » selon la réglementation de la PAC.
  • Durant ces années les agriculteurs ont souvent été de bons partenaires semant des surfaces variables selon l’évolution de la réglementation.
  • En 2007, année record, ce sont 130 ha de jachères fleuries qui sont ainsi semés par l’intermédiaire des apiculteurs et des chasseurs. Par la suite les surfaces se stabilisent autour de 80 ha. Et ce sont 60 à 70 apiculteurs qui viennent chaque année chercher leur semence aux points de distribution.

UN OUTIL PÉDAGOGIQUE

  • En 2008 nous profitons des bandes fleuries semées dans la région d’Evreux à l’initiative d’un groupe d’agriculteurs pour organiser des visites auprès d’un public citadin.
  • L’Office du tourisme d’Evreux est partenaire et des bus acheminent plusieurs dizaines de personnes à Miserey.
  • Un apiculteur, ancien du Muséum d’histoire naturelle aide le public à identifier les insectes. Nous communiquons sur l’intérêt de ces initiatives.

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Bandes fleuries de Miserey

CONSEIL TECHNIQUE

  • Que ce soit dans nos bulletins ou lors des distributions de semences, nous ne sommes pas avares de conseils pour réussir l’implantation de jachères.
  • - Pratique impérative du « faux semis » en commençant à préparer le sol le plus tôt possible au printemps afin de faire lever les herbes indésirables.
  • - Si le semis a lieu à la main, choisir une journée sans vent, semer sur un sol très fin, rouler après semis.
  • - Si possible changer de parcelle après 3 années de jachères fleuries, au- delà, la maitrise des mauvaises herbes est souvent trop problématique.

LES MELANGES PROPOSES A NOS ADHERENT

  • Un premier mélange est proposé depuis le début de notre expérience. Il s’agit de : Cosmos, zinnia, nigelle de Damas, soucis, phacelie, nielle des blés. Ce mélange est semé sur la base de 5Kg / ha
  • Le second mélange : sarrasin et phacelie est proposé sur la base de 10Kg + 500gr Ha

EVOLUTION DE NOTRE PROPOSITION

  • EN 2009 un nouveau partenariat se noue.
  • Nous cherchions un lieu pour implanter un second Rucher école. L’Association « 1001 légumes » propose de nous accueillir sur son site de Beaumesnil.
  • Les premières séances de ce nouveau Rucher école ont lieu au printemps de cette même année. Sur le site, des surfaces sont disponibles. Nous y poursuivons notre travail d’expérimentation de nouveaux mélanges floraux.
  • C’est à Beaumesnil que nous semons du sarrasin pour la première fois. Stupéfaction de constater la vigueur de cette plante capable d’émettre une première fleur 5 semaines après le semis…
  • Dans ces essais la phacélie fait bon ménage avec le sarrasin, à condition de trouver le bon équilibre entre les deux espèces.
  • Par la suite ce mélange sera régulièrement proposé aux adhérents.

INTÉRESSEMENT DES COMMUNES

  • Afin d’augmenter les possibilités de semis nous décidons en 2009 de contacter nos communes afin de profiter d’éventuels terrains disponibles pour semer des jachères fleuries, terrains communaux en attente de lotissement, par exemple.
  • Dès 2010 cette proposition est un vrai succès et 80 communes répondent positivement.
  • Depuis la demande se stabilise autour de 50/ 60 communes.

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Mairie du Mesnil Jourdan noyée dans les cosmos

LES MESSICOLES EN 2016

  • A la demande du Conseil départemental, nous testons en 2016 un mélange de messicoles.
  • Ces espèces plus naturelles étaient présentes dans les moissons autrefois. Elles sont aussi plus intéressantes pour les insectes que les espèces horticoles.
  • Le Conseil départemental a plusieurs objectifs :
  • Protéger certaines espèces menacées de disparition dans la région.
  • Favoriser la création d’une filière locale de production de graines de messicoles
  • Aller vers du cent pour cent méssicoles en ne finançant plus les achats d’espèces horticoles. Photo 4 et 5 bleuets sauvages et parcelle de messicoles semée en 2016
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SUIVI DES JACHÈRES FLEURIES SEMÉES EN 2017

  • Le suivi d’une quinzaine de parcelles a eu lieu l’été2017.
  • C’est un stagiaire pris en charge par la Fédération des chasseurs qui a effectué ce travail, et ce sont des parcelles surtout semées en messicoles qui ont fait l’objet de ce suivi.
  • Elles ont été semées soit par un apiculteur, membre du SAE, soit par un chasseur adhérent à la FDC27, fédération départementale des chasseurs de l’Eure.
  • Il est prévu que ce travail soit renouvelé en 2018 et 2019.
  • Afin d’acquérir les bases nécessaires le stagiaire a rencontré des techniciens du CNRS et de l’ITSAP (Institut Technique et Scientifique de l’Apiculture et de la Pollinisation)

Une méthode de comptage des insectes a été proposée :
-  Choisir une zone dont la floraison est représentative de la parcelle
-  Etablir une zone (virtuelle) de 2 m à droite, à gauche et devant l’observateur
-  Dans cette zone compter les insectes présents espèces par espèces
-  Renouveler les comptages 5 fois, soit 40 M2 cumulés.
-  Ne pas dépasser un temps total de comptage de 10 minutes
-  Respecter les conditions climatiques suivantes : 13° minimum par temps ensoleillé
-  17° minimum par temps nuageux. Peu ou pas de vent.
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COMMENTAIRES SUR LES PREMIERS RÉSULTATS (voir graphiques)

Les espèces semées :

- Glebionis segetum .. : Chrysanthème des moissons, marguerite dorée.
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- Anthemis cotula…. : camomille
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- Papaver rhoesas… .. . : Coquelicot
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- centaurée cyanus . : Bleuet sauvage
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- Agrostemma githago : nielle des blés
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  • Pour cet article nous avons choisi 3 parcelles semées en messicoles en 2017 afin d’illustrer ce suivi. Une parcelle à Beaumesnil au Rucher- école, une parcelle à Caugé région ouest d’Evreux et une à Nojeon en Vexin. A l’est du département.
  • Au moment de l’observation à Beaumesnil et à Caugé 4 espèces sont présentes sur 5 espèces semées, dans l’autre situation les 5 espèces sont présentes.
  • La parcelle de Beaumesnil est semée à 8/10kg ha sans céréales ; les deux autres parcelles sont semées avec céréales à 6Kg ha. de messicoles et 50 Kg / ha de céréales.

Observation des messicoles

  • Dans les 3 situations les centaurées cyanus (bleuet) sont très bien représentées avec par exemple 98 pieds pour 40M2 à Beaumesnil. Notons aussi que le bleuet est très attractif pour les hyménoptères, à l’inverse, les papavers (coquelicots) sont les moins représentés mais certains comptages ont peut-être été faits un peu tôt.
  • En cumulé on dénombre autour de 300 pieds de messicoles pour 40M2 sur la parcelle de Caugé et Beaumesnil. Un peu moins à Nojeon en Vexin.

Observation des insectes cumulés sur 40 m 2

  • Nous nous limitons à observer 6 espèces d’insectes. Dans ces 3 situations, l’abeille domestique est diversement représentée : 18 abeilles à Beaumesnil, peut-être la proximité de Rucher- école, 2 et 4 dans les autres parcelles. L’abeille sauvage est plus représentée que l’abeille domestique.
  • Syrphes, coléoptères, bourdons, papillons sont présents. On peut dire que l’entomofaune aime les messicoles et que notre action va au-delà de nos abeilles domestiques.
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    CONCLUSIONS SUR CES 12 ANNEES DE JACHERES FLEURIES
  • -Qualité des implantations.
  • Celles-ci sont souvent médiocres.
  • L’équipement de l’apiculteur n’est pas adapté.
  • Malgré les conseils, la technique du faux semis est mal maitrisée et les adventices sont parfois plus abondantes que les fleurs semées.
  • En comparaison les semis de jachères fleuries effectués par les chasseurs qui sont souvent des agriculteurs sont mieux réussis, le matériel agricole étant tout à fait adapté.
  • - La gratuité des semences.
  • Pour les adhérents du SAE les semences sont gratuites.
  • Une petite participation financière rendrait peut être l’apiculteur plus soucieux de réussir son implantation.
  • -La répétition des semis sur plusieurs années se traduit par une augmentation des adventices et donc une réduction du fleurissement.
  • Ne pas dépasser deux ou trois semis successifs sur la même parcelle.
  • - Notre « expérience messicoles » est récente, logiquement les messicoles devraient se ressemer naturellement d’une année sur l’autre, comme autrefois dans les moissons.
  • Pour l’instant nos quelques essais ne sont pas satisfaisants, les mauvaises herbes prenant le dessus en 2em année.

PERSPECTIVES

  • Avec plus de motivation des progrès sont possibles chez les apiculteurs. Peut-être en s’appliquant plus sur des surfaces plus petites.
  • Les agriculteurs réussissent mieux, il faut les intéresser à notre projet.
  • Nous devons aussi communiquer auprès des communes ; par le biais des communautés de communes il y a souvent du matériel adapté et des compétences pour faire du bon travail….

JP CRIAUD Responsable jachères fleuries au SAE


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